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La construction navale, une activité charentaise-maritime
Ferme La construction navale est traditionnellement une activité majeure en Charente-Maritime.
Sur le littoral d'Aunis et Saintonge et sur les rives du Fleuve Charente, des chantiers de tailles variables produisent aussi bien des navires de haute mer que des barques adaptées au cabotage et au trafic sur les rivières.

Dés le milieu du XVII ème siècle,
Rochefort-sur-Mer abrite la plus
grosse industrie de construction navale.
L'Hermione
En 1780, des navires de 800 à 900 tonneaux sortent des chantiers de la Marine.

L'Arsenal de Rochefort, dont Colbert décide la construction en 1666, suscite très vite l'admiration. Nous sommes en 1688, Michel Bégon vient d'être nommé Intendant de la Marine du Ponant à Rochefort. Il écrit : Cet arsenal est "le plus grand, le plus achevé et le plus magnifique du royaume; il est composé du plus beau chantier de construction qui soit dans l'univers, de trois grands bassins qu'on appelle des formes pour le radoub des vaisseaux, de tous les magasins généraux et particuliers nécessaires, des corderies, des forges et autres ateliers. Il y a une des plus belles salles d'armes du royaume. [..] Il y a trois magasins dans lesquels on conserve les poudres qu'on fabrique dans les moulins de Saint-Jean-d'Angély, qui ne travaillent que pour Rochefort".
L'Arsenal joue un rôle considérable dans la vie économique de nombreux territoires. La construction, l'armement et l'avitaillement des grandes flottes de guerre exigent toujours plus de fournitures.
Celles-ci sont acheminées vers la ville nouvelle depuis les provinces de tout le Royaume et depuis l'étranger. Un seul vaisseau de 74 canons requiert la livraison de 4 000 chênes, de 17 124 aunes (*) de toile pour les voiles, et de 1 480 aunes de tissu pour les pavillons, les girouettes et les flammes à deux pointes.

Du bois, de la toile et des vivres.

Au sein de l'actuel Département de la Charente-Maritime, les anciennes provinces d'Aunis et de Saintonge fournissent une partie du bois nécessaire à la construction des navires. La Saintonge est riche. Elle est capable d'alimenter l'Arsenal en blé, en viande et en vins. Ses ressources agricoles seront un facteur déterminant dans le choix du site de l'Arsenal.
(*) Une aune ou 1,20 mètre, soit, ici plus de 2 km de voiles.
Du bois, de la toile et des vivres.
Les forêts du Poitou et du Limousin alimentent également le chantier naval. La ville de Nantes draine les cargaisons venues des massifs forestiers des bassins de la Loire. Des billots descendent le Fleuve Garonne, depuis les Pyrénées et la Gascogne, jusqu'à la Gironde.
Les forêts du nord de l'Europe, de Pologne et de Russie fournissent le bois des matures des bateaux. Les toiles à voile viennent de Bretagne, du Bas-Poitou et des pays du Nord. Le chanvre arrive de la Baltique, le goudron du Nord et du Médoc.

Les forges et les fonderies du Poitou et de l'Angoumois, du Périgord et du Nivernais fournissent également le Pays Rochefortais. La construction, la production des matières premières, des vivres et des produits fabriqués font travailler un nombre croissant d'ouvriers, de voituriers, d'artisans et de marchands.


Des charpentiers venus des ports de la Méditerranée.
Au XVII ème siècle, le Pays Rochefortais devient terre d'immigration. La ville industrielle attire, non seulement les habitants des campagnes, des bourgs et des villes du Poitou, mais les ouvriers spécialisés de provinces lointaines. Maçons et tailleurs de pierre du Limousin et de la Marche se rendent à Rochefort. Ils sont rejoints par les charpentiers des ports de l'Atlantique et de la Méditerranée. Tandis que la construction navale attire à Rochefort une population croissante, le développement du commerce maritime entraîne, au milieu du XVII ème de plus en plus d'engagés et d'armateurs vers les îles, le Canada et vers Terre-Neuve.
En 1682, peu avant la révocation de l'Edit de Nantes, les armateurs rochelais, en majorité protestants, financent les plus importants départs. Entre 1673 et 1695, plus de 650 armements prendront la mer vers les îles et plus de 100 se rendront au Canada. On dénombre, à la même époque, 81 navires de pêche en partance pour Terre-Neuve.
au Midi-Atlantique,
un Patrimoine maritime
La Haute-Saintonge
Le Royannais
La Saintonge Romane
Marennes-Oléron
Le Rochefortais
Les Vals-de-Saintonge
L’Aunis
Le Rochelais
l'Ile de Ré

Michel Bégon
deviendra,
en 1694,
le premier
intendant
de la nouvelle
Généralité
de La Rochelle.
 
Julien Viaud,
dit Pierre Loti (1850-1923), déclinera, dans ses souvenir d'Officier de Marine, le mémoire du Pays Rochefortais. Son roman Pêcheur d'Islande ou les mille objets dont sa maison natale est envoûtée racontent au présent la poursuite de cette aventure maritime.


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